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Un juste milieu entre blogue et micro-blogue, pour publier les choses trop insignifiantes pour un mais trop grandes pour l'autre.
Aug 20 ’11

École d’été 2011 de l’INM, jour 2

Aujourd’hui l’école d’été a officiellement débuté pour nous. Un réveil rapide et un passage au petit déjeuner de l’hôtel (rien à part des croissants net-frette-secs, des céréales, du jus d’orange et du café…), on a vite déguerpi vers l’École de Technologie Supérieure de Montréal qu’on a cherché un moment. Le déjeuner de l’école d’été était déjà mieux, côté variété.

La journée a commencé avec le déjeuner Innovation : certains protagonistes venaient nous parler de leurs bons coups, histoire de nous introduire à des idées fraîches. Bruno Poirier débuta le bal, très inspirant. Son message principal c’était que pour innover, ça prend le goût du risque, oser être soi-même dans la différence, la tolérance pour l’ambigüité, la flexibilité et l’émerveillement ainsi que le lâcher-prise. Il a aussi dit qu’une innovation qui se vaut se doit d’être radicale, durable et transversale… on retiendra facilement sa phrase finale : « Soyez l’innovation que vous souhaitez voir dans le monde », en paraphrasant Gandhi. A suivi le co-fondateur de Lab Foundation et président du Living Lab Montréal. Je n’ai pas retenu grand chose de son propos, je trouve néanmoins les organisations pour lesquelles il travaille fort intéressantes. Quoi que… il a dit quelque chose du genre « Chacun a son expérience, et ça mène chacun à avoir son idée; on a beau à avoir la meilleure idée du monde, tout seul dans son sous-sol, ça ne va pas bien loin… ». Il y a eu ensuite un architecte que peu ont aimé (il n’avait pas vraiment rapport et je le trouvais pompeux de broue) et la dame de Tout Le Monde À Table, une caravane de la nutrition qui s’intéresse aux comportements (innovation!) plutôt qu’au contenu de l’assiette (banal, toutes les études font ça), et ce à travers la province. Patrick Dubé, de Communautique, a lancé « La compétition? Non, la coopétition! ». Le mec de Imagination For People, Frank  Escoubès, y est allé de cette sagesse : « Le développement d’une société dépend de plus en plus à sa capacité d’innover », chose intéressante quand on constate qu’encore aujourd’hui les politiques promeuvent une économie de production en tandem avec la consommation. Il nous a aussi parlé de crowdsourcing (l’infonuagique en terme de partage d’idées innovantes), de crowdfunding (encourager le crowdsourcing en donnant monétairement aux réalisateurs de ces idées) et de crowdvoting (encourager les encourageurs de crowdsourcing, en votant pour les idées à financer prioritairement)… ouaaaah! Quel monde! Quelqu’un de l’école secondaire alternative Le Vitrail (je ne mettrai pas l’adresse de leur site Web, trop laid) est ensuite venu présenter l’école alternative, méconnue, une innovation en soi : « L’école forme les jeunes à accepter et assimiler le contexte social moderne. Pourquoi est-ce que tout le monde devrait apprendre la même chose? Est-ce que c’est normal que les élèves retiennent tout jusqu’au lendemain de l’examen? », s’est questionné ouvertement Philippe Savard. Tout comme M. François Guité affirme que comme plusieurs réformes n’ont su changer le système il faudra alors une révolution, cet enseignant de l’école Le Vitrail croit qu’on ne peut partir de ce qu’on a déjà pour en faire   une chose nouvelle : « On n’a pas inventé l’avion en tentant d’améliorer le cheval! » :-P

Ensuite on a tergiversé vers certains locaux pour poser nos questions à ces personnes… j’avoue que là mon attention s’est atténuée, attirée par la réservation en ligne d’un casier au collège… quel processus de course, car le système se débloque en même temps pour tous! On a finalement réussi à avoir une case pas trop pognée (je crois).

L’atelier Marketing Social : Idées Sauvages m’a plu… animateurs déguisés, figurines d’animaux auxquelles on devait associer des qualités pour en découdre les principales caractéristiques d’un communicateur, activités en petite équipes… par contre, je tiens à dire, c’est vital, MERCI INFINIMENT d’arrêter d’utiliser les Post-it dans les processus d’idéation de groupe. Ça n’a jamais été cool, et depuis déjà plus d’un an le niveau de coolness revient à -8273.

Après le dîner, alors que plusieurs voulaient aller voir Jean-François Lépine, j’ai eu le plaisir de participer à une activité sur l’argumentation éthique, par un expert de le rhétorique (qui fut prof de philo au cégep durant belles lurettes). Michel Métayer nous a présenté et étayé six techniques du débatteur :

  • La mise en contradiction
  • Le changement de terrain
  • Le passage au crible des analogies
  • L’appel aux faits
  • Le dévoilement des intentions
  • Le découpage des responsabilités

Il nous a fait part d’une erreur de base à ne pas commettre : ne jamais utiliser de jugement universel (jamais, toujours, dans tous les cas, dans aucun cas, tous les…), qui sont trop propices à la contradiction (préférer les jugements généraux tels que la plupart du temps, presque tous les…).

Certains trucs aussi sont bons afin de démonter l’autre à partir de son argument (un genre de judo verbal, on aime ça!) : dérouler l’argument de manière à suivre la logique de l’autre jusqu’à trouver quelque chose qui cloche, changer de terrain et étendre la discussion lorsqu’on est en train de perdre le débat, recadrer la discussion afin de déstabiliser l’autre, trouver un sophisme ou une impertinence…

Et c’est là que ma journée se finit… enfin, non, après y’a eu deux restos et le Dairy Queen ainsi qu’un balade dans le Centre-Ville et le Vieux-Montréal… mais rien à dire, et mon billet est déjà en retard!